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DINER-DEBATavecJean-Marc DANIEL(X74), Professeur émérite d’économie à l’ESCP Business School
Jeudi 30 janvier 2025 " Pauvre paysan, pauvre royaume ; pauvre royaume, pauvre roi " |
Jean-Marc Daniel est né à Bordeaux le 26 avril 1954. Il est professeur émérite d’économie à l'ESCP Business School et a également été chargé de cours à l’École des mines de Paris et à l’ENSAE. Il est ancien élève de l'École polytechnique (X74), de l’ENSAE et de l’IEP Paris (« Sciences Po »). Après ses études, il a rejoint l’administration comme administrateur de l’INSEE. Il a alterné des fonctions dans l’administration active, dans les cabinets ministériels et dans des postes d’économiste et d’enseignant. Il est éditorialiste au journal « les Echos » et sur la radio BFM Business. Spécialiste de l’histoire de la pensée économique et de l’étude des politiques économiques, il est notamment l’auteur d’une Histoire vivante de la pensée économique et d’une Histoire de l’économie mondiale, qui font référence.
Récemment, l’inflation qui nous a percutés a donné l’impression que le chômage était devenu moins central. Toutefois les interrogations sont plus présentes que jamais sur l’évolution du travail, dans sa quantité et dans sa qualité. Simultanément, la dette publique continue à gonfler et l’urgence climatique semble plus évidente que jamais alors même que l’humanité n’a jamais brûlé autant de charbon qu’en 2023.
Nous trouverons la solution à tous ces problèmes dans la maxime des physiocrates : « Pauvre paysan, pauvre royaume ; pauvre royaume, pauvre roi »
BibliographieNouvelles leçons d'histoire économique. Dette, inflation, transition énergétique, travail. Odile Jacob, septembre 2024.
Un pays peut-il s’endetter indéfiniment ? À qui profite l’inflation ? Quel est le taux optimal de l’impôt ? Le progrès technique détruit-il de l’emploi ? Limiter le réchauffement climatique pénalise-t-il la croissance ? A-t-on raison de vouloir se protéger de la concurrence chinoise ?
Toutes ces questions se sont déjà posées dans l’histoire économique. Voilà pourquoi il est utile d’aller y voir de plus près, comme nous le propose Jean-Marc Daniel avec ces dix nouvelles leçons. Aussi savoureuses qu’instructives, elles mettent en perspective les missions de l’État et de la fiscalité, les mécanismes de la création monétaire, le rôle des banques centrales ou le vieux débat entre le libre-échange et le protectionnisme... À l’issue de ce voyage pédagogique, Jean-Marc Daniel livre quelques recommandations : aux banques centrales, priées de veiller à la qualité autant qu’à la quantité de monnaie ; aux gouvernements, qui doivent cesser de privilégier la consommation sur l’épargne et donc l’investissement ; à ceux qui cherchent à échapper à l’impôt en se prétendant solidaires et écologistes. li> Redécouvrir les physiocrates. Plaidoyer pour une économie intégrant l'impératif écologique. Odile Jacob, octobre 2022.
La défense de l’impératif écologique passe-t-elle par la mise à bas du capitalisme? Non, répond Jean-Marc Daniel, plaidant ici pour une troisième voie entre la destruction progressive et irrémédiable de la nature et celle, tout aussi irrémédiable, de la liberté, notamment celle d’entreprendre. Cette troisième voie, il en trouve les prémices au XVIIIe siècle, chez les physiocrates : de François Quesnay à Pierre Samuel Dupont de Nemours, ces penseurs ont mis au centre de leur réflexion les rapports de l’homme à la nature, donnant naissance à la science économique.
Explorant cet héritage intellectuel, Jean-Marc Daniel en souligne la modernité : valorisation du travail contre le mercantilisme et valorisation du soleil comme source d’énergie. Et nous incite à revenir au « bon sens » qui impose de ne pas sacrifier la croissance, de faire respecter la concurrence pour obliger les entreprises à être vertueuses, de revenir à la taxe carbone, pour accélérer la transition énergétique. Dénonçant les « pagano-gauchistes » et une écologie jugée punitive, il nous propose une nouvelle écologie libérale. li> 3 controverses de la pensée économique. Travail, dette, capital. Odile Jacob, septembre 2016.
Nos emplois sont-ils menacés par les machines ? Peut-on parler d’une « bonne » et d’une « mauvaise » dette ? Le capital est-il trop rémunéré par rapport au travail ?
Avec le talent et la verve qu’on lui connaît, Jean-Marc Daniel fait ressurgir du passé trois grandes controverses de la pensée économique : en 1812, lord Byron prend la défense des luddites, ces tisserands qui parcouraient la campagne anglaise pour casser les métiers à tisser ; en 1938, Keynes écrit personnellement à Roosevelt pour l’adjurer de faire un second New Deal en recourant au déficit public ; en 1953, la très britannique Joan Robinson s’oppose violemment à l’Américain Samuelson sur la mesure du capital.
Émaillées de situations inattendues, les luddites, défendus par Byron, sont délaissés par Marx ; ces trois querelles sont l’occasion de découvrir comment se sont forgés les concepts de la pensée économique. Et d’en tirer quelques enseignements utiles pour aujourd’hui : sur les dangers du néoluddisme actuel, sur le déficit public qui reste un outil de relance ou encore sur les limites des équations en économie. li> L'État de connivence. En finir avec les rentes. Odile Jacob, septembre 2014.
Dans cet essai à la fois brillant et provocateur, Jean-Marc Daniel analyse les mécanismes modernes de la rente et dénonce le retour des rentiers. Oui, il y a montée des inégalités, mais pas comme on le croit, ni là où on le croit ! Quels sont aujourd’hui les vrais obstacles aux réformes structurelles dont la France a tant besoin ?
Pour Jean-Marc Daniel, la réponse tient en un mot : connivence. Connivence entre un patronat qui craint la concurrence par-dessus tout, une gauche protectionniste et un gouvernement qui affiche des tendances colbertistes. Connivence organisée autour du maintien des rentes de toutes natures, et notamment celles des nombreuses professions qui vivent des largesses de l’État providence. Connivence, donc, garantie par l’État, sorti de son rôle. Dans cet essai à la fois brillant et provocateur, Jean-Marc Daniel analyse les mécanismes modernes de la rente et dénonce le retour des rentiers. Oui, il y a montée des inégalités, mais pas comme on le croit, ni là où on le croit ! Et seule la concurrence permettra de mettre fin aux privilèges. Dès lors, on pourra repenser l’État en le recentrant sur ses missions, notamment la lutte contre la pauvreté. Toujours stimulant, Jean-Marc Daniel défend ici une société fondée sur le talent plutôt que sur la rente. li> 8 leçons d’histoire économique. Croissance, crise financière, réforme fiscale, dépenses publiques. Odile Jacob, octobre 2012.
À qui profite la croissance ? Quel est le taux optimal de l’impôt ? Comment un État peut-il éviter de faire faillite ? Après le Welfare State, l’heure du Workfare State a-t-elle sonné ? Faut-il se protéger de la concurrence chinoise ?
Toutes ces questions ont déjà été posées dans l’histoire économique. Voilà pourquoi il est utile d’aller y voir de plus près, comme nous le propose Jean-Marc Daniel avec ces 8 leçons. Aussi savoureuses qu’instructives, regorgeant de portraits insolites : Vauban méditant sur la fiscalité, Newton se ruinant dans la spéculation, etc., elles mettent en perspective les missions de la fiscalité, les mécanismes de la création monétaire, le rôle des banques centrales ou le vieux débat entre le libre-échange et l’échange loyal...
À l’issue de ce voyage pédagogique, Jean-Marc Daniel livre quelques recommandations : aux banques centrales, priées de veiller autant à la qualité qu’à la quantité de monnaie ; aux gouvernements, qui doivent cesser de privilégier la consommation sur l’investissement ; à ceux qui cherchent à échapper à l’impôt en se prétendant solidaires. li>
Maison des Polytechniciens, Paris 7
Récemment, l’inflation qui nous a percutés a donné l’impression que le chômage était devenu moins central. Toutefois les interrogations sont plus présentes que jamais sur l’évolution du travail, dans sa quantité et dans sa qualité. Simultanément, la dette publique continue à gonfler et l’urgence climatique semble plus évidente que jamais alors même que l’humanité n’a jamais brûlé autant de charbon qu’en 2023.
Nous trouverons la solution à tous ces problèmes dans la maxime des physiocrates : « Pauvre paysan, pauvre royaume ; pauvre royaume, pauvre roi »
Bibliographie
Un pays peut-il s’endetter indéfiniment ? À qui profite l’inflation ? Quel est le taux optimal de l’impôt ? Le progrès technique détruit-il de l’emploi ? Limiter le réchauffement climatique pénalise-t-il la croissance ? A-t-on raison de vouloir se protéger de la concurrence chinoise ?
Toutes ces questions se sont déjà posées dans l’histoire économique. Voilà pourquoi il est utile d’aller y voir de plus près, comme nous le propose Jean-Marc Daniel avec ces dix nouvelles leçons. Aussi savoureuses qu’instructives, elles mettent en perspective les missions de l’État et de la fiscalité, les mécanismes de la création monétaire, le rôle des banques centrales ou le vieux débat entre le libre-échange et le protectionnisme... À l’issue de ce voyage pédagogique, Jean-Marc Daniel livre quelques recommandations : aux banques centrales, priées de veiller à la qualité autant qu’à la quantité de monnaie ; aux gouvernements, qui doivent cesser de privilégier la consommation sur l’épargne et donc l’investissement ; à ceux qui cherchent à échapper à l’impôt en se prétendant solidaires et écologistes. li>
La défense de l’impératif écologique passe-t-elle par la mise à bas du capitalisme? Non, répond Jean-Marc Daniel, plaidant ici pour une troisième voie entre la destruction progressive et irrémédiable de la nature et celle, tout aussi irrémédiable, de la liberté, notamment celle d’entreprendre. Cette troisième voie, il en trouve les prémices au XVIIIe siècle, chez les physiocrates : de François Quesnay à Pierre Samuel Dupont de Nemours, ces penseurs ont mis au centre de leur réflexion les rapports de l’homme à la nature, donnant naissance à la science économique.
Explorant cet héritage intellectuel, Jean-Marc Daniel en souligne la modernité : valorisation du travail contre le mercantilisme et valorisation du soleil comme source d’énergie. Et nous incite à revenir au « bon sens » qui impose de ne pas sacrifier la croissance, de faire respecter la concurrence pour obliger les entreprises à être vertueuses, de revenir à la taxe carbone, pour accélérer la transition énergétique. Dénonçant les « pagano-gauchistes » et une écologie jugée punitive, il nous propose une nouvelle écologie libérale. li>
Nos emplois sont-ils menacés par les machines ? Peut-on parler d’une « bonne » et d’une « mauvaise » dette ? Le capital est-il trop rémunéré par rapport au travail ?
Avec le talent et la verve qu’on lui connaît, Jean-Marc Daniel fait ressurgir du passé trois grandes controverses de la pensée économique : en 1812, lord Byron prend la défense des luddites, ces tisserands qui parcouraient la campagne anglaise pour casser les métiers à tisser ; en 1938, Keynes écrit personnellement à Roosevelt pour l’adjurer de faire un second New Deal en recourant au déficit public ; en 1953, la très britannique Joan Robinson s’oppose violemment à l’Américain Samuelson sur la mesure du capital.
Émaillées de situations inattendues, les luddites, défendus par Byron, sont délaissés par Marx ; ces trois querelles sont l’occasion de découvrir comment se sont forgés les concepts de la pensée économique. Et d’en tirer quelques enseignements utiles pour aujourd’hui : sur les dangers du néoluddisme actuel, sur le déficit public qui reste un outil de relance ou encore sur les limites des équations en économie. li>
Dans cet essai à la fois brillant et provocateur, Jean-Marc Daniel analyse les mécanismes modernes de la rente et dénonce le retour des rentiers. Oui, il y a montée des inégalités, mais pas comme on le croit, ni là où on le croit ! Quels sont aujourd’hui les vrais obstacles aux réformes structurelles dont la France a tant besoin ?
Pour Jean-Marc Daniel, la réponse tient en un mot : connivence. Connivence entre un patronat qui craint la concurrence par-dessus tout, une gauche protectionniste et un gouvernement qui affiche des tendances colbertistes. Connivence organisée autour du maintien des rentes de toutes natures, et notamment celles des nombreuses professions qui vivent des largesses de l’État providence. Connivence, donc, garantie par l’État, sorti de son rôle. Dans cet essai à la fois brillant et provocateur, Jean-Marc Daniel analyse les mécanismes modernes de la rente et dénonce le retour des rentiers. Oui, il y a montée des inégalités, mais pas comme on le croit, ni là où on le croit ! Et seule la concurrence permettra de mettre fin aux privilèges. Dès lors, on pourra repenser l’État en le recentrant sur ses missions, notamment la lutte contre la pauvreté. Toujours stimulant, Jean-Marc Daniel défend ici une société fondée sur le talent plutôt que sur la rente. li>
À qui profite la croissance ? Quel est le taux optimal de l’impôt ? Comment un État peut-il éviter de faire faillite ? Après le Welfare State, l’heure du Workfare State a-t-elle sonné ? Faut-il se protéger de la concurrence chinoise ?
Toutes ces questions ont déjà été posées dans l’histoire économique. Voilà pourquoi il est utile d’aller y voir de plus près, comme nous le propose Jean-Marc Daniel avec ces 8 leçons. Aussi savoureuses qu’instructives, regorgeant de portraits insolites : Vauban méditant sur la fiscalité, Newton se ruinant dans la spéculation, etc., elles mettent en perspective les missions de la fiscalité, les mécanismes de la création monétaire, le rôle des banques centrales ou le vieux débat entre le libre-échange et l’échange loyal...
À l’issue de ce voyage pédagogique, Jean-Marc Daniel livre quelques recommandations : aux banques centrales, priées de veiller autant à la qualité qu’à la quantité de monnaie ; aux gouvernements, qui doivent cesser de privilégier la consommation sur l’investissement ; à ceux qui cherchent à échapper à l’impôt en se prétendant solidaires. li>
Maison des Polytechniciens, Paris 7
